J’entends déjà les ondes familiales, relayées par Radio Vandoeuvre (doux surnom donné à la capacité de ma grand-mère à centraliser toutes les infos de la famille), frémir sur le titre et se demander : Jacques ? Déjà ? Mais qui est Jacques ?
Alors les gars on se calme et on se concentre sur les indices donnés par l’illustration du propos.
Gamblin.
Il s’agit de Jacques Gamblin, vu au théâtre cette semaine, seul en scène, contre vents et marées, contant avec grâce et verve son amitié épistolaire avec Thomas Coville, recordman en 2016 du tour du monde à la voile en solitaire.
Sur scène, il ne tient pas non plus en place, clamant « le risque de la confiance, le risque de la relation », dernières lignes du livre éponyme.
Sur scène, il danse, empruntant au tango qu’il pratique le jeu de jambe et son port altier.
Sur scène, il déambule, pied nu, se livrant avec humour et rage, jouant d’effets de lumière et d’images de bord.
Jacques, je l’ai rencontré vers l’âge de 10 ans, quand ma mère m’a emmené voir ce qui deviendrait le film le plus visionné du tout petit appartement que nous habitions en bord de RN7 : Les enfants du marais.
Tout en ce film me faisait rêver. L’amitié, le jazz, la simplicité, l’amour trouvé, perdu ou envers et contre-tout.
Et puis Jacques. Gamblin bien sûr mais aussi Villeret.
André, qu’il faut avoir vu au moins une fois dans sa vie au théâtre, lui aussi.
Michel, enfin.
Finalement, un long-métrage devant sa puissance à des hommes de théâtre remettant « chaque soir, sur scène, (…) leur vie en jeu » pour citer André Dussollier dans une interview sortie ce jour au Monde.
En ce qui me concerne, la force du film tient également dans le message porté à l’écran : être un Homme libre en n’oubliant jamais l’essentiel.
Le même message résonnant encore plus intensément 20 ans plus tard dans cette pièce jouée dans le petit théâtre de Vevey.
Une éloge à la liberté, qui en rien ne résonne avec solitude.
Le bonheur dans l’essentiel. Le sens de la famille et du travail. Des amis proches et sincères. En bref, mon héritage paternel.
J’en ai la larme à l’œil, et le sourire en bord de lèvre.
Belle semaine à tous !

Il te faut aller le voir au cinéma actuellement « en France 😉 » dans son interprétation du « Facteur Cheval »
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